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Quicksand, Interiors (Epitaph)

Walter Schreifels ne poste pas de photo sur les réseaux sociaux pour claironner qu’il entre en studio ou qu’il mange un grilled cheese. Du coup, on a beau suivre sa carrière de près, il parvient à nous surprendre constamment.

Chacun de ses projets prend une direction différente : hardcore (avec Youth of Today et Gorilla Biscuits dans les années 80), power pop (Rival Schools, Walking Concert), et même folk (avec ses enregistrements solo). Plus récemment, avec Dead Heavens, Schreifels s’est acoquiné avec Paul Kostabi, membre fondateur de White Zombie (oui et bien au lieu de faire la moue, allez plutôt écouter l’excellente compilation de leurs premiers enregistrements It Came From N.Y.C, éditée par Numéro Group). Le résultat,  Whatever Witch You Are flirte avec le blues-rock psychédélique d’une très belle manière. Le vinyle à peine posé sur notre platine, nous apprenions que le new-yorkais remettait le couvert, cette fois avec son groupe le plus emblématique, Quicksand., dont le premier album, Slip (1993) fut un classique instantané. Mélange détonnant de post-hardcore mélodique et de métal sophistiqué. Et ce petit manque d’homogénéité côté production lui donne même un charme supplémentaire. Malheureusement, le groupe se sépare quelque mois après un second LP, Manic Compression (1995), moins bien accueilli. Le guitariste Tom Capone va tirer les marrons du feu avec le super disque du super groupe Handsome, mené par Pete Mengede (Helmet) et Jeremy Chatelain (Jets to Brazil) tandis que Schreifels s’en va composer une musique plus pop sous l’étendard de Rival Schools. À la fin de la décennie, le quatuor retourne en studio mais au grand dam des fans, le projet d’un troisième Quicksand fait long feu.

Les années 90 ont été généreuses en matière de pop à guitare et Slip fait très belle figure face aux Spiderland, In Utero, Loveless, Relationship of Command et autres Pinkertown. Pour preuve l’empreinte qu’il a laissée chez ses contemporains (At The Drive-In ou Deftones qui a embauché le bassiste Sergio Vega) et surtout la ferveur que lui témoigne aujourd’hui le public lors d’occasionnelles réunions scéniques. Cet enthousiasme n’est pas étranger à l’envie d’enregistrer à nouveau ensemble, vingt ans après. S’il est crédité sur la pochette Tom Capone n’a pas pu prendre part à l’enregistrement et pour des raisons judiciaires (il vient d’être inculpé pour vol) il ne rejouera pas tout de suite avec ses partenaires. Mais le power trio qui reste se montre vraiment à la hauteur. Interiors est un disque exaltant. Et ceci est dit toute nostalgie mise à part. On y retrouve la signature sonore détonante de Quicksand (Illuminant) mais cette fois les compositions sont plus cérébrales (Interiors), presque psychédéliques (Under the Screws, Hyperion). Et Schreifels chante mieux que jamais. Enfin, la production est impeccable mais qu’on ne s’y trompe pas, ce sont surtout les mélodies qui donnent toute sa cohérence à l’ensemble. Ce comeback est une réussite.

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