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Consommer Local au TINALS 2018

A gauche : Rustyn’s, en haut : Cathedrale, en bas : Lullies

À This Is Not A Love Song, il y a les têtes d’affiche… Cette année, The Breeders, Cigarettes After Sex, Ty Segall, Phoenix, viendront jouer sous le soleil brûlant de Nîmes. Il y a aussi quelques groupes locaux dont vous n’avez certainement pas autant entendu parler.  Remercions donc vivement les programmateurs de faire une petite place aux formations underground françaises. C’est loin d’être anodin et même courageux : les médias hexagonaux, en tout cas les généralistes, ont tendance à traiter avec indifférence, quand ce n’est pas avec mépris, tout un pan du rock d’ici. Ils ne sont probablement pas assez variété, pas assez bons en storytelling, pas assez novateurs, pas assez autotunés et pas assez mille autre choses. Ils sont pourtant parfois sacrément bons et vous rappellent, souvent au moment opportun, à quel point le rock est une musique qui gagne à être découverte sur scène et vécue avec l’intensité d’une performance électrique sans filet. Cette année, le Sud sera bien représenté à TINALS avec trois fameuses formations.

Cathedrale

Cathedrale défendra les couleurs de la ville rose. Regroupant des membres originaires, en réalité, d’une zone bien plus étendue (Jules était précédemment dans les excellents Departure Kids de Marseille), la formation tourne sans relâche depuis la parution de son premier EP Sovietik chez Rat Pop et l’association Ave The Sound (qui héberge les géniaux Playboys). Le disque nous avait particulièrement plu à l’époque. Ainsi nous leur avions consacré un Sous Surveillance dans lequel nous mentionnions « [leur] sens de la pop désarticulée, bancale mais terriblement contagieuse » et ajoutions: « Élégant et racé, Sovietik est aussi monumental que l’architecture chère aux régimes communistes. » Leur album chez les Nantais de Juvenile Deliquent, toujours enregistré par le seul et unique Lo’Spider (aux manettes pour Magnetix, Cheap Riot, Crusaders of Love, Sunsick …), marqua un tournant plus garage dans le son, mais confirma le statut de groupe de scène des Toulousains. Selon nos informations, leur prochain album est très bon et il est attendu chez Howlin’ Banana, l’excellent label francilien qui a Volage ou The Missing Season à son catalogue.

Cathedrale jouera le samedi 2 juin à 15h10 (scène extérieure Bambou) et à 19h30 (sur le Patio).

Les Lullies

La connexion Grys-Grys (présents à TINALS l’année précédente), fabuleux groupe garage/rhythm & blues, sera assurée par les Lullies et les Rustyn’s. Les premiers ont peut être chouré leur blase à un célèbre compositeur franco-italien du XVIIIe siècle, mais n’attendez pas d’eux d’être délicats. Leur truc c’est le punk rock : pas la version Canada Dry pour passer chez Yann Barthès, non, la vraie version, circa 1977, qui pue la pisse, la sueur, la bière éventée, le sang séché et mille autres délices. Si vous les avez vus sur scène, vous savez de quoi il retourne : ce groupe est incroyablement bon et viscéral. Les Montpelliérains démarrent en cinquième et finissent en trombe ; vous, en sueur, vos pompes définitivement foutues. Leur musique, par son refus de concession à la modernité, offre une radicalité alternative aux projets montés par des anciens d’école de commerce ayant appris dès leur plus jeune âge à pitcher leurs projets. Leur signature chez Slovenly pour leur dernier 45 tours est plus que logique, soyons même chauvins: les Lullies vont certainement s’imposer comme l’une des locomotives du label garage.

Les Lullies joueront le dimanche 3 juin à 18h30 sur la scène extérieure Bambou.

Les Rustyn’s

Les Rustyn’s ne seront pas non plus là pour recoller les morceaux. Leur musique n’est certes pas aussi sauvage et hargneuse que celles de leurs camarades Cathedrale et Lullies, mais ils offrent un spectacle tout aussi réjouissant en live. Évoluant dans un Rhythm & Blues à quelques encablures de Nick Waterhouse, ils en proposent une version fort attachante, groovy et maîtrisée. Groupe originaire de Nîmes, Vincent Bassou, leur guitariste a également rejoint les Grys-Grys. Une affinité judicieuse tant les deux formations, malgré un propos différent, tiennent d’un référentiel commun : le Blues, le R&B noir américain des 50s et 60s, la Soul et certains groupes du British Blues Boom.

Les Rustyn’s joueront le vendredi 1er juin à 22h40 sur le Patio.

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