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The Orange Peels, Square Cubed (Minty Fresh)

En musique, comme en matière de sentiments, l’évaluation prétendument objective du mérite est souvent très secondaire. Aussi bien n’essaierai-je pas ici de convaincre qui que ce soit que cette plantureuse réédition célébrant le vingt-troisième anniversaire du premier Lp de The Orange Peels – vingt-trois, franchement : même le choix de la date de commémoration ne fait pas très sérieux – doit permettre de réviser tous les palmarès convenus ou d’imposer la réhabilitation rétrospective d’un chef d’œuvre méconnu surgi comme par magie du purgatoire discographique de la fin du siècle dernier. Ni le recul des années, ni l’embaumement surdimensionné aujourd’hui conçu par le groupe ne sont susceptibles d’altérer ici le diagnostic initial : Square demeure un très bon disque de feel-good pop, cousin de ceux conçus à la même époque par Papas Fritas, une œuvrette solaire terriblement attachante du fait même de ses limites assumées. Continuer « The Orange Peels, Square Cubed (Minty Fresh) »

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#28 : The Make-Up, Free Arthur Lee (K, 1997)

The Make-Up, behind the bars.
The Make-Up, behind the bars.
They’re locking them up today
They’re throwing away the key
I wonder who it’ll be tomorrow, you or me ?
We’re all normal and we want our freedom
Freedom, freedom, freedom, freedom, freedom
I Want my freedom
(Love, The Red Telephone)

 

A l’été 1984, je suis à un tout petit point d’échouer au bac. Sommé de justifier cette piètre performance, je me garde bien de pointer les coupables et de les offrir à la vindicte parentale : dans la cellule familiale, Arthur Lee et les frères Head sont encore, plus pour très longtemps, des secrets bien gardés. Continuer « #28 : The Make-Up, Free Arthur Lee (K, 1997) »

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Mark Hollis, une interview oubliée – Janvier 1998

Mark Hollis
Mark Hollis

Le 25 février 2019 a été une journée noire pour tout admirateur de la pop anglaise dans ce qu’elle a de plus ambitieux, avant-gardiste et intemporel, un peu plus de trois ans après le chant du cygne de Bowie. La disparition de Mark Hollis, dont nous n’avions presque plus aucune nouvelle depuis 1998, sonnait le glas de nos espoirs d’entendre à nouveau sa voix si particulière, lui qui osa l’utiliser comme un instrument (oui, c’est un cliché !), mais un de ceux dont personne n’avait joué avant. Je me consolais en me disant que j’avais eu la chance de le rencontrer il y a plus de vingt ans, quelques semaines après Christophe Basterra dont l’article figure ici-même. Je ne vais donc pas ajouter grand-chose de plus, il l’a si bien écrit.
Mais… Continuer « Mark Hollis, une interview oubliée – Janvier 1998 »

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Teenage Fanclub, Songs From Northern Britain (Creation Records)

La coterie pop est en émoi depuis quelques semaines. Pas moins de cinq albums de Teenage Fanclub réédités dans les règles de l’art (mastering supervisé par le groupe, artwork des disques originaux, etc…) Surtout, il ne s’agit pas de n’importe quels albums. Cette assertion a certes peu de sens quand il s’agit des Fannies (ont-ils fait un mauvais disque ?) mais là, Sony a sorti les grosses cartouches : les albums majeurs de la formation écossaise publiés entre 1991 et 2000, soit leur zénith artistique. Continuer « Teenage Fanclub, Songs From Northern Britain (Creation Records) »

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Big Beat, une playlist et 50 raisons de le détester

Le Big Beat fut probablement, quelques années durant, la bande son des troisièmes mi-temps noyées sous les pintes de bières tièdes et des poutres d’amphétamines (selon ceux qui y étaient) dans les pubs du royaume britannique, pourtant le genre représente une sorte de parenthèse délirante et hédoniste dans les (assez) sérieuses quatre-vingt dix. Très loin du rock indépendant faisant une fixette sur le Velvet, tout aussi espacé des expérientations à la lisière de la Drum & Bass ambitieuse (pour ne pas dire chiante) de Photek, à rebours de l’éthique underground de la House américaine, petit frère sous-doué plus marrant du Trip Hop, l’éphémère genre cumule toutes les tares possibles : dégoulinant à souhait, novelty dans son essence, totalement dédié à la fête sans prise de tête. Continuer « Big Beat, une playlist et 50 raisons de le détester »