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Le club du samedi soir #10 – Brexitpop UK 90’s

En ces temps troublés où la conjuration des imbéciles (kikoo Boris, Nigel et Domenic) semble remporter tous les suffrages, il me semble de bon aloi de se souvenir que les îles Britanniques furent juste avant le nouveau siècle un bien beau laboratoire. Bien sûr, il y eut la Britpop avec ses cancres appliqués et ses glorieux génies, mais même si son côté rétrograde pour ne pas dire conservateur ont permis de faire passer l’Indie Pop dans le mainstream avec ses rainures royales comme ses plus abominables atrocités (Kula Shaker, ne pardonne pas, n’oublie jamais), certains alors n’en avaient cure* et traçaient une tangente dans l’exploration passé/futur, le refus des dogmes établis. Et un petit revival Krautrock fourbe mais pas bien méchant. Continuer « Le club du samedi soir #10 – Brexitpop UK 90’s »

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Le club du samedi soir # 8 : Kraftwerk influences

Florian Schneider de Kraftwerk

La disparition de Florian Schneider, cofondateur de Kraftwerk avec Ralf Hütter le 21 avril dernier, n’a probablement pas eu l’écho qu’elle aurait du avoir, en partie à cause du contexte de pandémie. Cette mixtape est une sorte de mea culpa. En découvrant la techno pendant les années 90, tant d’artistes, Aphex Twin en premier, citaient le groupe de Düsseldorf comme la référence absolue. A tort sans doute, j’ai sciemment évité le groupe allemand, car le snob musical que j’étais les jugeait trop évidents. Ce n’est qu’au terme d’un concert triomphal aux Transmusicales 2004 que j’ai vraiment mesuré l’étendue de mon erreur. Ils avaient inventé bien plus que la musique synthétique : ils ont initié la pop moderne. Au-delà des rythmes en boucle et les bleeps si chaleureux, ce sont surtout les mélodies que l’on retient, qu’il s’agisse des Robots, de Trans Europe Express, Numbers ou Radioactivity. Continuer « Le club du samedi soir # 8 : Kraftwerk influences »

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Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End

Marc-Aurèle, bronze, Italie / Photo : © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre), Stéphane Maréchalle

Alors que nous n’étions qu’au tout début de l’étrange épisode du confinement, un philosophe avait prescrit la lecture du stoïcien Marc Aurèle comme remède à nos inquiétudes. Selon lui, la raison et la lucidité seraient nos meilleures alliées pour exorciser nos angoisses et neutraliser nos inévitables coups de déprime. On peinerait à le contredire complètement. Pourtant, on aurait pu lui faire remarquer que l’imaginaire et l’illusion sont peut-être plus vitaux encore pour traverser les péripéties de l’existence. Comment aurions-nous pu supporter notre pesante oisiveté forcée sans le recours à la fiction, aux rêves éveillés que nous procurent les romans, les films et bien sûr la musique, sans laquelle la vie ne serait qu’une erreur et un exil, selon la célèbre formule de Nietzsche ? Dans les moments difficiles, il m’a toujours semblé que l’écoute d’une bonne chanson pop était d’un secours bien plus efficace que n’importe quel précepte de sagesse antique. Continuer « Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End »

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Le club du samedi soir # 6 : les joies de l’entre-soi

Inscrit au fronton de cette ouverte maison, probablement parce que régulièrement vilipendé et ne cessant de grimper au hit-parade des maux du siècle, l’entre-soi a tôt fait d’irriguer les champs du rock et de la pop, principalement pour s’avérer le ferment d’honorables chansons plutôt que céder à la tentation du repli communautariste. Exercice d’admiration, tribut payé aux aînés, influence revendiquée ou béquille bien pratique, ces name-dropping songs ont ratissé large, au point que sous la plume de Nick Toshes le contingent des laissés pour compte ou des oubliés a eu droit au titre de Unsung Heroes of Rock’n’Roll. Dylan a pratiqué l’hommage plus souvent qu’à son tour (Song To Woody, Blind Willie McTell) avant d’être honoré par Bowie (Song for Bob Dylan), lequel à dû se contenter d’Isabelle Adjani. Sans balayer ces deux icônes, ni faire l’impasse sur d’autres (Syd Barrett, Brian Wilson, les Ramones, ou bien sûr les Beatles sont parmi les champions les plus souvent cités), on s’autorisera à arpenter nos territoires de prédilection, à organiser des numéros de duettistes ou à tirer sur la ficelle du marabout, quitte à évincer à regret d’obscurs ferrailleurs ou des comètes négligées. Ainsi Glenn Tipton, guitariste de Judas Priest, ou Bobby Jameson, respectivement chantés par Mark Kozelek et Ariel Pink, n’ont, vous m’en voyez marri, pas passé le cut. Il y en a d’autres, à foison, et on ne parle ici que de chansons où le nom de l’artiste ou du groupe apparait dans le titre. Sans compter mes oublis fortuits, que vous vous ferez fort de réparer.

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Le club du samedi soir # 5 : Baubles From The Barbary Coast – A San Francisco mixtape by Matt Fishbeck

Samedi dernier, nous publiions une mixtape consacrée à la Baie de San Francisco. Le lendemain, réaction à chaud de Matt Fishbeck, dont nous vous avons parlé récemment, à travers sa magnifique reprise de Decades de Joy Division. Notons d’ailleurs au passage que d’ici à quelques mois, le premier album de Holy Shit, groupe où sont passés Ariel Pink et Christopher Owens, ressortira par l’entremise du label Mexican Summer. Dimanche dernier donc, il nous adresse spontanément cette mixtape, élaborée comme un appendice, un complément, une autre vision de ce qu’à été la créativité musicale de The City by the Bay, vue par lui. Et comme il est impossible pour nous de ne pas partager avec vous ce brillant droit de réponse, le voici. Enjoy. Continuer « Le club du samedi soir # 5 : Baubles From The Barbary Coast – A San Francisco mixtape by Matt Fishbeck »

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Le club du samedi soir # 4 : SF Bay Area

Départ pour la Baie de San Francisco, entre Oakland, San José, Palo Alto et Fremont pour un voyage dans le temps depuis les années 60 et ses diverses contestations au doux parfum de patchouli et autres herbes odorantes. Quelques années plus tard durant les années 70/80, on y trouvait les prémices du punk sauvage mais aussi expérimental autour de la salle Mabuhay Gardens, qui rassemblait la fine fleur des révoltés ou marginaux du coin. Puis dans une époque plus contemporaine, le renouveau « cool » de la ville, qui depuis quelques années ne laisse plus le choix aux musiciens et artistes de bouger en périphérie faute d’argent pour y vivre. Direction Oakland, qui devient à son tour un vivier de groupes. Continuer « Le club du samedi soir # 4 : SF Bay Area »

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Le club du samedi soir # 3 : The Style Council

The Style Council
The Style Council

C’est le premier – ex-aequo avec Robert Smith (ça doit se jouer à quelques semaines). C’est l’année 1982, le premier magazine acheté, un numéro de Best – j’en suis à peu près sûr. Il est question de The Who, il est question de The Jam, il est question des mods. Je ne comprends pas tout – et même peut-être rien. Mais le jeune homme filiforme, cheveux très courts, pantalon cigarette, veste en cuir noir et sourire aux lèvres impressionne. Il s’appelle Paul Weller. Il a à peine 22 ans et ne va pas tarder à saborder The Jam, dont la carrière discographique météorique (1977 – 1982) marque d’une empreinte indélébile l’inconscient collectif britannique – je me souviens encore d’un mariage outre-Manche, en juin 2004, où le témoin du marié avait émaillé son discours d’avant-repas de citations extraites de paroles de The Jam. Alors, j’ai vécu en direct la fin du groupe – l’annonce dans la presse anglaise, la sortie de la compilation live Dig The New Breed (un achat New Rose) – et j’ai suivi les spéculations qui s’ensuivirent sur l’avenir de Weller, “le porte-parole d’une génération” – le premier retour sur scène après le split lors d’un concert d’Everything But The Girl, puis l’union avec Mick Talbot (ex- Merton Parkas, ex- Dexys, ex- The Bureau et déjà croisé aux côtés de Weller lors de la reprise du classique Heatwave sur l’album Setting Sons, en 1979) sous la bannière The Style Council.
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Le club du samedi soir #2 : Factory Lost Classics X2

En début de semaine, il n’était pas possible de passer sous silence le retentissant quarantième anniversaire de la disparition de Ian Curtis. Puis, au courant de la semaine, nous avions évoqué ce Factory All Stars qui s’inscrivait en parfaite illustration de ce qu’était l’écrin du label Factory, l’Haçienda, club légendaire s’il en est. Pour incarner ces années extrêmement prolifiques, Nicolas Plommée et Alex Mimikaki ont choisi de proposer un choix de raretés piochées dans les années Factory, en évitant le phagocytage Joy Division / New Order. Une mixtape à laquelle Christophe Basterra à eu envie de s’atteler aussi… Deux fois valant mieux qu’une, voici leurs sélections. Dance On.

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