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Tony Molina, Kill The Lights (Slumberland / import)

On se souvient tous plus ou moins (enfin surtout nous, les jeunes, qui l’avons vu de son vivant) de notre réaction énamourée et définitive à l’écoute du premier morceau d’Eliott Smith que nous ayons entendus. L’évidence d’un talent supérieur, d’une propension à toucher les étoiles l’air de rien, et surtout du décalage entre la vision humaine, pas ramenarde, presque banale de la chose malgré son caractère divin, et l’air de rien, rien à foutre. Cet aspect désespérément morose et déprimant, et puis, 20 ans après, des regrets et un culte aussi évident que facile.  Continuer « Tony Molina, Kill The Lights (Slumberland / import) »

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Vinyl Williams – Opal (Requiem Pour Un Twister)

Depuis quelques années, le revival psychédélique nous gratifie de disques plus ou moins réussis. Comment renouveler un genre musical qui cumule déjà plus d’un demi-siècle d’histoire, avec ses propres codes et ses icônes ? Parmi les réussites, il y a eu Thee Oh Sees et le tourbillon garageux ; plus récemment, Kikagaku Moyo et la scène japonaise. Continuer « Vinyl Williams – Opal (Requiem Pour Un Twister) »

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Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool, 24 août 2018

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool
Michael Head & The Red Elastic Band / Photo : Hannah Molin

En 1992, le documentaire exceptionnel You’ll Never Walk Alone de Jérôme de Missolz (disparu en 2016) et Évelyne Ragot, avec Jean-Daniel Beauvallet pour guide parmi la scène musicale de Liverpool du début des années 1990, s’ouvrait sur la voix de Michael Head. Tout juste trentenaire, loin des espoirs fous placés dans The Pale Fountains au début de la décennie précédente, il était déjà diminué par la drogue et l’alcool. Continuer « Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool, 24 août 2018 »

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Spiritualized, And Nothing Hurt (Bella Union/Pias)

Spiritualized And Nothing HurtMême si on s’en doute toujours un peu, avec une sorte d’excitation un peu stupide mais toujours renouvelée plus de trente ans après, si l’on inclut ses débuts mirobolants au sein des Spacemen 3 (Playing With Fire – 1988, meilleur somnifère imagé de nos insomnies intoxiquées adolescentes et bien au-delà…), on ne sait jamais exactement ce que Jason Pierce va mettre dans sa boîte à musique. Continuer « Spiritualized, And Nothing Hurt (Bella Union/Pias) »

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Selectorama : TH Da Freak

TH Da Freak / Photo : Nicolas Bauclin

Nous vous avions déjà parlé en mai dernier de Thoineau aka TH da Freak, phénomène slacker bordelais que nous avions placé dans notre rubrique Sous Surveillance. A la veille du Paris International Festival Of Psychedelic Music 2018 où il se produira à La Machine du Moulin Rouge avec ses 4 acolytes aux côtés de Cut Worms et Ariel Pink, nous leur avons demandé de quoi nous faire patienter : une sélection de 10 titres, mêlant essentiels et obsessions du moment. Chacun s’y est mis, et le résultat est plutôt fleuri !

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Cut Worms

Cut Worms Paris Psych Fest 2018 La Route du Rock Coralie Gardet Section26
Cut Worms à La Route du Rock le 18 août 2018 / Photo : Coralie Gardet

La vie de Max Clarke aurait pu prendre une tournure tout à fait différente : c’est en terminant ses études d’illustration à Chicago que l’américain, prêt à embrasser la carrière de graphiste qui l’attend, réalise que son passe-temps, l’écriture de chansons, est bien tout ce qui ne s’apparentera jamais pour lui à du travail. Après Alien Sunset, recueil de six balades au charme brut et hors du temps révélé l’année dernière, Hollow Ground, paru en mai sur Jagjaguwar, confirme le talent d’un fin mélodiste qui ne s’est, pour sûr, pas trompé de voie. Un premier album plus sophistiqué mais toujours aussi élégant, entre folk psychédélique et pop baroque, que l’américain présente sur scène avec de musiciens de choix, échappés le temps d’un été des joyeuses bandes de Woods et de Quilt. Quelques minutes avant leur représentation à La Route du Rock, c’est avec un peu de difficulté, le regard fixé au sol, que l’artiste introverti a accepté de s’ouvrir le temps d’un court entretien sur son succès inattendu, la poésie et la mélancolie qui l’habite.

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Luluc

Zoé Randell et Steve Hassett / Luluc

Pour qui aurait eu la très excusable négligence de manquer les deux épisodes précédents – Dear Hamlyn, 2008 et Passerby, 2014 – il faudra peut-être surmonter un premier mouvement de répulsion agacée avant de s’abandonner aux délices charmants de ce troisième plan Luluc. Comme en témoigne le portrait photographique qui orne la pochette de Sculptor, Zoé Randell et Steve Hassett bon nombre des attributs physiques et esthétiques qui tendent à opérer comme autant de chiffons rouges agités devant les yeux exorbités des pourfendeurs de hipsters brooklynites : la barbiche soigneusement ébouriffée de Monsieur, la blondeur évanescente pour Madame, la production signée par leur voisin de palier Aaron Dessner (The National).  Continuer « Luluc »

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Papa M, A Broke Moon Rises (Drag City)

Papa M, A Broke Moon RisesAprès le constat d’accident et les demandes de réparation formulées sur Highway Songs (2016), disque somme néanmoins varié des traumas vécus par David Pajo sur la dernière décennie (adultère, tentative de suicide, catastrophe motocycliste), notre homme a tout bonnement choisi de quitter la voie rapide. À l’instar d’un Townes Van Zandt, qui partait vers les bois dès qu’il sentait la dépression l’empêcher de tout contact humain, ou d’un Jim Harrison qui préféra souvent la compagnie des arbres et des animaux à celle de ses semblables, Pajo a préféré se perdre en forêt pour une raison bien précise : y construire une cabane en bois pour mieux s’y abriter. Continuer « Papa M, A Broke Moon Rises (Drag City) »

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Playlist d’été #2 : La nouvelle école


Au départ, une vingtaine de disques que j’avais envie de défendre et faire découvrir. Les chansons me semblaient avoir toutes en commun une certaine douceur de vivre, idéales pour l’été et la chaleur ambiante. Au final, avec l’aide des excellentes propositions de quelques camarades de Section 26 (Coralie Gardet et Thibaut Morinière), ainsi que d’Etienne Gimenez et Benjamin Vanhove, il y a cinquante groupes différents, qui tous tracent à leur manière les contours de notre époque. La pop indépendante actuelle mérite certainement que l’on s’y penche : à défaut de créer des nouveaux genres, elle contribue à en décloisonner et créer un syncrétisme propre à notre époque, unique en son genre. Continuer « Playlist d’été #2 : La nouvelle école »

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Melody’s Echo Chamber, Bon Voyage (Domino)

Plus de cinq ans après son remarquable prédécesseur, Bon Voyage, second album de Melody Prochet, voit le jour tel un miracle. Le miracle d’un nouveau printemps, recouvrant pour la provençale de longues années de peines et de désillusions. Parmi elles, une rupture avec le leader de Tame ImpalaKevin Parker, allié de vie et de travail, soldée par deux ans d’efforts solitaires sur des compositions débutées en duo ; avant le renoncement. L’annonce d’un retour l’an dernier puis, comme un coup du sort, un grave accident et des mois de convalescence. Continuer « Melody’s Echo Chamber, Bon Voyage (Domino) »