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Selectorama : Hervé Bourhis

C’était il y a onze ans. Pour le compte d’une revue dont on taira une nouvelle fois le nom, je croisais la route de l’auteur et dessinateur Hervé Bourhis à l’occasion de la sortie de son Petit Livre Rock, ouvrage à la couverture rouge et au format de 45 tours qui retraçait, par le parti-pris(me) de son auteur, l’histoire de cette musique qui ne cesse de mourir – ou de ressusciter, comme vous préférez – depuis sa naissance. Grandi à Tours, Parisien quelque temps avant de prendre la tangente pour poser ses crayons à Bordeaux, le jeune homme réunissait alors pour la première fois ses deux passions. Batteur et / ou chanteur au sein de groupes que l’histoire a vite oublié, mais dessinateur et / ou scénariste talentueux – que ce soit pour raconter des fictions ou croquer ce qui fut / est la réalité –, Hervé Bourhis avoue écrire dans le silence mais dessiner en musique. Celui qui, entre Lennon ou McCartney, choisit Brian Wilson a fait de son idée de Petit Livre une série, qui lui a permis de détailler la Ve République ou la bande dessinée, mais surtout de renforcer son image de mélomane aux goûts éclectiques (la musique noire, les Beatles). Aujourd’hui, il sort, avec l’aide de Hervé Tanquerelle, un Petit Livre de la French Pop (Dargaud), qui conte l’histoire musicale hexagonale de 1956 à nos jours. L’occasion était trop belle pour ne pas demander à Hervé Bourhis les dix chansons tricolores qui lui filent des frissons.

hervé bourhis

LES BOWLERS, Il Est Trop Tard (1966)


Un groupuscule freakbeat signé chez Barclay. Deux EP en 1966 et c’est tout. Ce morceau prouve que le rock français aurait pu être racé et magique si la France l’avait voulu. Elle ne l’a pas voulu. Elle a choisi Telephone et Silmarils. Une chanson de Moustaki porte le même titre, mais on y entend moins de fuzz. Beaucoup moins.

 

LAURA CAHEN, Réverbère (2015)


À la première écoute je me suis dit : « Bon, encore une émule de Camélia Jordana ». À la deuxième, je suis tombé amoureux. Classez-la dans la variète si vous voulez. Mais une variète un peu gothique alors.

 

BARBARA CARLOTTI, Radio Mentale Sentimentale (2018)


Un truc qui n’existe plus trop ici, en ces temps de cloud-rap neurasthénique et paresseux : un tube pop tradition Elli & Jacno, Gainsbourg, Daho, Taxi Girl. La méga-classe, et un refrain irrésistible à hurler sous la douche le matin.

 

DEMON, Lil’ Fuck (1999)


Un morceau que j’avais chopé sur une compilé cédé de Trax, ou je ne sais plus quel magazine electro de la fin des années 90. Vingt ans après, toujours aussi chouette. Un peu la synthèse de la french touch.

 

FOREVER PAVOT, Le Beefteak (2017)


Ou n’importe quel autre titre d’Émile Sornin, que j’adule.

 

FRANÇOIS DE ROUBAIX, Dernier Domicile Connu (1970)


Le sommet de la pop d’ici. La France a donné plein de super compositeurs de musiques de films. Mais de Roubaix, avec son home-studio de la rue de Courcelles, est le plus mythique de tous.

 

DIABOLOGUM, Les Garçons Ont Toujours Raison (1994)


Pas super fan de leur « chef-d’oeuvre » de 1996, je préfère largement ce micro-tube noisy-pop de 1994. Plus frais, léger, nerveux et bruyant. Sans oublier la mélodie et l’ingénuité.

 

BRIGITTE FONTAINE, Brigitte (1972)


Une basse, une voix, un texte, une ambiance, un groove. Carrément splendide et minimaliste.

 

MARIE MÖOR, Pretty Day (1982)


La pop synthétique 80’s, Bontempi à go-go, textes dark et voix sexy. Ça n’a pas vieilli ni d’un pouce, ni d’un iota.

 

MONSIEUR X, Ou Qué Di Moin (Re – 2017)


Merveille de soul sixties antillaise, dégottée par le label Born Bad sur sa compile « Disque le rayé ».

 

« Le Petit Livre de la French Pop » de Hervé Tanquerelle et Hervé Bouhris, 244 pages, (Dargaud)

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