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Weightlifting – The Trash Can Sinatras

17 secondes qui ont changé ma vie

Si mon amour buté pour la musique des Trash Can Sinatras a probablement fleuri sur le bois tendre de The Perfect Reminder, virgule acoustique plantée comme une petite cuillère dans de la crème au lait sur le deuxième album du groupe (I’ve Seen Everything, paru en 1993), c’est une bonne décennie plus tard que ces Ecossais en retard sur leur époque d’un millier de rapides Glasgow-Londres – et d’autant de bandwagons – m’ont permis de raccrocher le train de ma propre existence. De faire le grand sot, guitare à la main, en espérant rattraper un peu du temps que j’imaginais alors avoir perdu à écrire le genre d’âneries que vous êtes justement en train de lire – ou de faire l’une des plus grosses bêtises de ma vie. Continuer « Weightlifting – The Trash Can Sinatras »

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Section 25, The Key Of Dreams, Factory Benelux, 1982

Section 25N’en déplaise aux conservateurs du Rock and Roll Hall Of Fame, la petite histoire de la musique pop moderne est pleine de disques passés aux oubliettes, et dont la valeur ne peut s’estimer au regard des exemplaires vendus, ni de leur descendance. La sensation de la redécouverte, c’est justement ce qui rend l’exercice de chercheur d’or auquel nous nous adonnons tous si passionnant, et les erreurs (rarement manifestes) ne se révèlent souvent que lors de la rencontre d’une subjectivité un peu snob avec l’un de ces disques laissés pour compte. Et tant mieux si le phénomène ressemble parfois davantage au frottement de deux babouches qu’à celui de la lampe par Aladdin. Ainsi, aujourd’hui encore, Section 25 est le groupe mineur de deux disques essentiellement réservés aux initiés : Always Now (1981) et From The Hip (1984). Continuer « Section 25, The Key Of Dreams, Factory Benelux, 1982 »

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Lauren Auder

Lauren Auder
Lauren Auder / Illustration : Pauline Nunez

Le regard est vague, l’expression lunaire, l’apparence indéfinissable, qui semble hésiter au fil des jours entre street et néo-romantique. Urbain et gothique. Une allure hybride, un genre qui n’a plus d’importance. Des ongles rouges et des cheveux longs, pour un garçon, on appelait ça androgyne, mais ça, c’était avant. “Maintenant, tout est dit, tout est ouvert. Il y a la musique, il y a moi, et le reste c’est un peu superflu… Tu me vois tel que je suis, et ce que j’ai envie de dire, je le dirai à travers mon art.” Si quelques traces d’adolescence filtrent encore à 19 ans, la pose est certaine mais la maturité est là, sans doute arrivée à très grande vitesse par les voies profanes de l’internet. Débarqué de nulle part en ce début de printemps, Lauren Auder a lancé The Baptist à la face du monde, le genre de chanson dont on ne se remet pas tout à fait. Continuer « Lauren Auder »

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Rolling Blackouts Coastal Fever

Rolling Blackouts Coastal FeverIl aura fallu attendre cinq ans pour que le quintet australien Rolling Blackouts Coastal Fever (Melbourne, l’intarissable) publie son premier album. Hopes Down sera dans les bacs le 15 juin prochain et se place d’emblée, et ce malgré son intitulé, sous une étiquette recouvrant plein d’espoirs : celle de l’iconique label américain Sub PopUne bénédiction peu surprenante au regard des louangés EP’s Talk Tight (2016) et The French Press (2017), premiers essais aussi efficaces qu’évidents pour les amateurs de guitares accrocheuses et d’harmonies léchées. Continuer « Rolling Blackouts Coastal Fever »

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Phoenix – Pour TTBC* au TINALS 2018

Ce que tu dois savoir pour épater voisine(s) et / ou voisin(s) au concert de Phoenix.

*TTBC = Trying To Be Cool
Phoenix
Phoenix live / Collection personnelle Phoenix

 

Que tu le veuilles ou non, que tu retournes le problème dans tous les sens, que tu les haïsses ou les vénères, il n’existe qu’une seule certitude : Phoenix est le groupe le plus übercool (© Paul Smith de Maxïmo Park) de la planète pop – ce qu’étaient par exemple les Beastie Boys à la fin du siècle dernier. Accueilli dans l’Hexagone avec suspicion à la sortie du pourtant inusable United en 2000 (trop jeune, trop beau, trop french, trop versaillais blah blah blah), le groupe a fini par revêtir les habits (sur mesure, les habits) de fils prodigues après la sortie de l’irrésistible Wolfgang Amadeus Phoenix en 2009, couronné par un triomphe aussi gigantesque qu’international. Continuer « Phoenix – Pour TTBC* au TINALS 2018 »

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Consommer Local au TINALS 2018

A gauche : Rustyn’s, en haut : Cathedrale, en bas : Lullies

À This Is Not A Love Song, il y a les têtes d’affiche… Cette année, The Breeders, Cigarettes After Sex, Ty Segall, Phoenix, viendront jouer sous le soleil brûlant de Nîmes. Il y a aussi quelques groupes locaux dont vous n’avez certainement pas autant entendu parler.  Remercions donc vivement les programmateurs de faire une petite place aux formations underground françaises. C’est loin d’être anodin et même courageux : les médias hexagonaux, en tout cas les généralistes, ont tendance à traiter avec indifférence, quand ce n’est pas avec mépris, tout un pan du rock d’ici. Continuer « Consommer Local au TINALS 2018 »

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Peter Perrett

Peter Perrett
Peter Perrett / Photo Domino Records Co.

Miraculeusement rescapé de ses décennies d’abus dangereux, l’ex-leader de The Only Ones, groupe majeur et influent de la fin des années 1970, resurgit de la tombe qu’il avait lui-même creusée pour signer un somptueux testament musical, How The West Was Won, où étincelle à nouveau son écriture à la fois mordante et romantique. C’est sur la Grande Scène Paloma du This Is Not A Love Song Festival que l’on retrouvera cette légende du rock le vendredi 1er juin à 19h30. Continuer « Peter Perrett »

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John Maus

John Maus
John Maus

Pendant les six années qui séparent l’interview et la chronique que nous proposons de (re)découvrir ci-dessous à l’occasion de ses concerts de la semaine à La Villette Sonique et au TINALS, John Maus n’a publié aucun disque. En ce qui nous concerne, entre We Must Become The Pitiless Censors Of Ourself (2011) et Screen Memories (2017), la terre s’est presque arrêtée de tourner. Dans l’espace cosmique où l’intéressé vit retranché quand il quitte notre planète, il a récemment prétendu que seulement 10 minutes s’étaient écoulées (1). Il est vrai que John Maus, son art et son engagement n’ont pas changé d’un iota.  Pour le reste, précisons que John Maus a eu le temps de se marier, de bricoler un synthétiseur modulaire, de mener à bien une session d’enregistrement dont sont sortis deux nouveaux chefs-d’œuvre (Screen Memories et le tout neuf Addendum) et de répéter ses chansons avec son frère et un véritable groupe pour des concerts toujours aussi spectaculaires, dont celui de ce samedi 02 juin, sur la scène Paloma du This Is Not A Love Song Festival. Continuer « John Maus »