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L’Éclair, Sauropoda (Beyond Beyond is Beyond records/Bongo Joe records)

Déjà présentés dans la désormais mythique rubrique Sous Surveillance alors qu’ils s’apprêtaient à nous dévoiler leur album Polymood, il n’aura pas fallu attendre six mois pour que L’Éclair dégaine son successeur et troisième album, Sauropoda. Petit rappel : L’Éclair, c’est ce combo genevois complètement dopé au jazz-fusion et à l’afrobeat que l’on retrouve signé chez les labels psycho-exotiques Beyond Beyond is Beyond et Bongo Joe records.

Polymood, avec Jasper Geluk aux manettes (Allah Las, Jacco Gardner…), avait emmené le groupe vers d’autres sphères. Grâce à une production léchée, un jeu raffiné sans être trop démonstratif et ses ambiances psychédéliques, il fût – du moins, pour ma part – l’une des très bonnes surprises de 2018. Ce genre d’album à tiroirs prêt à satisfaire tous les amateurs de rare groove, qu’il soit issu du jazz, du funk, de la library music… En clair, une divine réussite. J’attendais donc beaucoup de ce Sauropoda, car ces gars-là, désormais passés à 7 (!) musiciens, ont décidément beaucoup de talent.

L’Éclair
L’Éclair

Malheureusement, la première écoute fut un poil décevante. En vérité, je pensais que le groupe allait continuer d’explorer de nouveaux territoires, de nouvelles sphères. Or, je me retrouvais avec un Polymood bis, avec moitié moins de morceaux à l’intérieur, mais des morceaux plus longs et plus répétitifs. En fait, en lisant le communiqué de presse, j’apprends que L’Éclair présente ce nouvel essai comme une anthologie des jams exécutés lors de leur dernière tournée – une espèce d’album « live » enregistré en studio, en gros. C’est ici que l’affaire prend une toute autre tournure. En effet, il faut savoir que L’Éclair est sans doute un des meilleurs groupes live du moment, qui sait improviser et faire danser son public sur des grooves subtilement entêtants et parfaitement maitrisés. La longueur des pistes et leur construction répétitive s’explique donc ici tout à fait. On entend tout de même quelques évolutions, notamment dans les influences qui lorgnent désormais plus nettement vers le disco, voire… la house. C’est par exemple un bonheur d’écouter le titre Suite, issu du précédent album, dans une version extended de huit minutes qui évoquerait presque le Super Discount d’Étienne de Crecy. Des inflexions dub (ces échos si caractéristiques…) davantage assumées sont également à noter. Dans l’ensemble, si Sauropoda doit se déguster comme un live, il ne doit pas pour autant dissuader le quidam d’aller voir L’Éclair en chair et en os. En attendant, il reste à réécouter Polymood, tranquillement, une cigarette posée entre les lèvres, et plus si affinités.

Sauropoda est à paraître le 24 mai chez Beyond Beyond is Beyond records et Bongo Joe records.
L’Éclair sera en concert au Trabendo (Paris) dans le cadre du Beau Festival le samedi 18 mai, auc côtés de Thurston Moore, HAHA Sounds Collective, Luis Axe, Domotic et Pantin Plage (DJ set). Infos ici.

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