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Hot Chip – Le Grand Bain

Hot Chip
Hot Chip / Photo : Ronald Dick

Septième album pour le quintet le plus nerd, le plus addictif sur scène, le plus crossover de la dance music anglaise. Un titre qui sonne comme une messe hippie (A Bath Full Of Ecstasy), et désarme comme toujours par son trop plein d’amour, sa mélancolie euphorique, et son single (Hungry Child) à épingler à la liste des morceaux qu’on chante à tue-tête lors de leurs concerts. En porte-parole, la tête (Alexis Taylor, cette fois-ci décoloré et multi-recoloré), et les jambes (Joe Goddard, implacable machine à danser) nous parlent de synthés vintage, de remise en question, d’innocence neu-neu, de Brexit, et évidemment du talent infini de Philippe Zdar, co-producteur de ce disque sorti hier, le lendemain de sa tragique disparition. Un entretien réalisé il y a quelques semaines à Paris, quelques jours après leur flamboyant concert au Trabendo. Continuer « Hot Chip – Le Grand Bain »

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Yan Morvan : Les Années de Fer

Photo : Yan Morvan
Photo : Yan Morvan

Nous sommes au mois d’avril, Yan Morvan est à Corbeil Essonne pour la visite de presse organisée par l’Œil Urbain. En pleine affaire du Brexit, l’édition 2019 du festival est opportunément consacrée au Royaume-Uni et le photographe figure parmi les joyaux de la couronne. Son livre Les Années de Fer, dédié à l’Angleterre de l’après Punk sous l’ère Thatcher est sur le point de paraître chez Serious Publishing, éditeur spécialisé dans la culture populaire et la contre culture. Une partie de ce travail, réalisé à l’occasion de séjours à Londres entre 1979 et 1981, est présentée par l’auteur, devant un parterre de photographes et de journalistes spécialisés. Continuer « Yan Morvan : Les Années de Fer »

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Chris Cohen : « Écrire des chansons n’est pas simple. »

Chris Cohen / Photo : Joe McMurray

C’est dans le parc de la Villette, dans le cadre du Beau Festival, que j’ai eu le plaisir de rencontrer Chris Cohen. Couvert de sa parka orange malgré la météo printanière, le Californien a proposé d’aller s’asseoir là, dans l’herbe. Il neigeait des aigrettes de pissenlit. Entre deux époussetages, nous avons parlé de son troisième album en solitaire, dernier volet d’une trilogie débutée en 2012 avec Overgrown Path. Paru le 29 mars chez Captured Tracks, le sobrement intitulé Chris Cohen [chroniqué ici] semble marquer l’acceptation de celui qui s’est pendant si longtemps caché derrière d’autres noms : The Curtains, Cryptacize ou Deerhoof. Une conversation limpide et délicate, comme la prestation qu’il allait nous offrir, quelques heures plus tard, sur la scène du Trabendo.

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Steve Albini – Ici l’ombre

Steve Albini
Steve Albini

Metteur en son et musicien à l’intransigeance légendaire, sur la brèche depuis le début des années 80, Steve Albini a su rester bruyamment pertinent quand nombre de ses paires ont perdu pied – ou plus. À l’aune d’une tournée européenne aussi rare que précieuse de son groupe Shellac qui passera jeudi 30 mai par le festival TINALS à Nîmes, l’occasion était trop belle pour ne pas se replonger dans l’interview que cet artisan taiseux à l’humour cinglant avait daigné accorder, à une époque charnière de sa vie artistique, au printemps 1993, pour le septième numéro du fanzine magic mushroom. Continuer « Steve Albini – Ici l’ombre »

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Damien Jurado – Loin de Hollywood

Damien Jurado
Damien Jurado

Plus de vingt ans après ses débuts, Damien Jurado renoue avec le dépouillement de ses premiers disques et sort In the Shape of a Storm, un superbe album de folk simple et mystérieux, sans doute son meilleur depuis Where Shall You Take Me? en 2003. 

Après avoir traversé une très éprouvante année 2018, ponctuée notamment par la fin de son partenariat de près de quinze ans avec le label Secretly Canadian et, surtout, par la mort soudaine de son ami Richard Swift, avec qui il aura enregistré pas moins de cinq albums entre 2010 et 2016, Damien Jurado a décidé de repartir sur de nouvelles bases. Pour son dix-huitième opus, le remarquable In the Shape of a Storm, il a donc choisi d’opter pour une certaine forme de minimalisme. Seul, ou presque, avec sa guitare ; une formule qu’il n’avait, jusque-là, jamais expérimentée ailleurs que sur scène et qui semble renvoyer directement à l’aura artisanale de certains de ses meilleurs disques, comme Ghost of David et Where Shall You Take Me?. Enregistré en moins deux heures, et avec un certain sens du risque (deux prises de cinq chansons chacune, pas d’overdubs), au studio Sonikwire d’Irvine en Californie, ce nouvel album impressionne grâce à la beauté désarmante de ballades comme Lincoln, South ou Hands on the Table et s’affirme déjà comme l’un des grands albums de ce début d’année. Interrogé, il y a quelques jours, par téléphone, il répond depuis Los Angeles, où il réside désormais.  Continuer « Damien Jurado – Loin de Hollywood »

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Teenage Fanclub : l’entretien

Teenage Fanclub
Teenage Fanclub

Dans la cour ensoleillée du Trabendo, Norman Blake s’assied en premier. Raymond McGinley arrive quelques instants plus tard. Difficile de se résigner à l’idée que le troisième – Gerard Love -ne les rejoindra pas. Alors on en parle un peu, sans dramatisation inutile, ni fausse pudeur. Quelques heures avant leur premier concert parisien, dans une formation désormais altérée, les deux hommes font preuve d’une jovialité communicative qu’aucune épreuve ne semble pouvoir ternir. On cause avec eux de souvenirs, frais ou plus anciens, de cette tournée avec Nirvana qui les conduisit il y a près de trente ans à quelques mètres d’ici, du côté du Zénith. D’Alan McGee aussi. Et surtout de musique et de cette passion sans faille pour les mélodies et les harmonies qui illuminent leurs regards attendrissants de quinquagénaires épanouis. Cette passion qui leur permet de retrouver tout leur allant de jeunes hommes dès que commencent les balances, pour y interpréter une version ébouriffante de The Kids Are Alright des Who. Continuer « Teenage Fanclub : l’entretien »

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Eugene McGuinness – la grâce urbaine

Eugene McGuinness
Eugene McGuinness

Bien évidemment, avec cet interview définitivement trop tardive (l’album est sorti fin 2018, ndlr), on a un peu l’impression de perpétuer le flambeau éternel de défense des beautiful losers, cette pratique séculaire française qui a fait de notre pays la terre d’accueil de nombre de parias plus ou moins fréquentables de la scène internationale, pour le pire parfois (les affreux Archive…), pour le meilleur aussi, des magnifiques Apartments du grand Peter Milton Walsh ou jadis du complètement cramé Johnny Thunders. La France aime les perdants. Eugene McGuinness ne jouit pas encore d’un tel statut mais en a, hélas pour lui, tous les atouts. Continuer « Eugene McGuinness – la grâce urbaine »

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Steve Gunn – Macadam cowboy

Steve Gunn
Steve Gunn

De passage à Paris, pour un concert au Petit Bain, Steve Gunn a pris le temps d’évoquer un peu la genèse de The Unseen in Between, son onzième album, mais aussi son parcours singulier de guitariste folk qui, après s’être longtemps inscrit dans les sillages abstraits de musiciens comme John Fahey ou Jack Rose, a fini par trouver sa propre voie et se met, sur le tard, à apprivoiser des formes d’écritures plus simples et accueillantes.
Depuis 2016, Steve Gunn se trouve dans une position un peu étrange. Signé chez Matador pour Eyes on the Lines, son dixième album, ce guitariste new-yorkais, grand admirateur de John Fahey et Sandy Bull, s’est affranchi d’un coup de la confidentialité relative dans laquelle son œuvre semblait végéter depuis presque dix ans. Désormais plus en vue, grâce à l’envergure internationale de son nouveau label, Steve Gunn vend plus de disques, voit tout un nouveau public se presser aux guichets de ses concerts et se retrouve régulièrement interrogé dans les pages des grandes titres de la presse rock anglo-saxonne (Mojo, Uncut, The Wire, etc). Pour autant, il n’est pas certain que ce quadra originaire de la banlieue de Philadelphie se retrouve complètement dans son nouveau rôle de figure montante du rock indépendant américain. Déjà parce que sa discographie foisonnante suffit à rappeler qu’il n’a rien d’un débutant et qu’il se pose même, plutôt, comme un artiste accompli et à l’identité très forte. Et ensuite parce que, contrairement à son ami Kurt Vile, qui fait le bonheur du même label Matador depuis une petite dizaine d’années, Steve Gunn ne donne pas le sentiment d’avoir jamais été véritablement attiré par la lumière des projecteurs. Continuer « Steve Gunn – Macadam cowboy »