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The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph)

The Garden Mirror Might Steal Your CharmQu’il fasse sortir de votre bouche sèche un soupir de contentement ou une nausée incontrôlable, impossible d’enlever au troisième album de The Garden, Mirror Might Steal Your Charm, son étourdissante propension à provoquer des réactions aussi épidermiques qu’imprévisibles. Depuis haha en 2015 et la poignée de singles et EP’s qui l’ont suivi (dont le toujours délicieux Call This # Now en 2016), les frères jumeaux Wyatt et Fletcher Shears semblent avoir perfectionné leur punk oblique et quasi-aléatoire pour en faire aujourd’hui la plus excitante démonstration d’un rock en négation, crachant de l’idée tordue par hectolitres, à des lieues de la lente décomposition d’un certain indie rock aux guitares papiers-peints tricotant de l’accord bossa-nova sous péridurale. Continuer « The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph) »

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John Moore, Knickerbocker Glory (The Germ Organization)

Cet homme-là a déjà vécu mille vies. Et je me demande bien pourquoi il n’a jusqu’alors jamais pris le temps de les raconter par écrit – note pour plus tard : lui poser un jour la question. Membre de The Jesus & Mary Chain à l’époque où ça avait vraiment de la gueule (Darklands, 1987), prêt à devenir Idol à la place de Billy le temps d’une carrière solo expéditive placée sous le signe du cuir noir, à la recherche de la rédemption sous un nom peu engageant (Revolution 9, quand même), éminence grise avec l’Auteur Luke Haines du trio mixte et caustique Black Box Recorder, importateur d’absinthe en Grande-Bretagne, ventriloque, père, peintre, dandy adepte d’une vie bohème : John Moore a été / est tout cela à la fois – je dois même oublier quelques lignes à ce CV extravagant. Continuer « John Moore, Knickerbocker Glory (The Germ Organization) »

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Vintage Crop, TV Organs (Polaks Records)

Quinze ans plus tôt, difficile d’imaginer une connexion plus improbable que Geelong en Australie et Gennevilliers du coté de Paris. Pourtant, les punks anglophones de Vintage Crop viennent de publier leur premier album TV Organs sur Polaks, un label français. Si Geelong est une ville de taille modeste en nombre d’habitants (entre Reims et Le Havre, pour situer), elle héberge, à quelques pas de Melbourne, une jolie scène underground autour de la formation Ausmuteants: Hierophants, Living Eyes et plus anciennement les géniaux Frowning Clouds.

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Olden Yolk, Olden Yolk (Trouble In Mind)

Membre fondateur de Quilt, le guitariste et parolier Shane Butler imagine le projet Olden Yolk lors d’une tournée avec le groupe psychédélique de Boston. Rejoint par la multi-instrumentiste Caity Shaffer (vue à la basse aux côtés de Molly Burch), le duo dévoile deux premiers titres en 2013 avant de revenir, cinq ans plus tard, avec un premier album folk-rock. Continuer « Olden Yolk, Olden Yolk (Trouble In Mind) »

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Eels, The Deconstruction (E Works / PIAS)

Penser qu’un énième album de Eels pourrait en 2018 créer l’événement est évidemment ridicule. Le californien a certes son lot d’aficionados qui suivent sa carrière avec fidélité, mais a depuis sa triplette magique (Beautiful Freak, Electro-Shock Blues et Daisy Of The Galaxies) trop brouillé les (fausses) pistes pour encore parvenir à surprendre. Qu’importe, Mark Oliver Everett ne semble aujourd’hui ne sortir des disques que par plaisir ou besoin. Peut être parce que c’est ce qu’il sait faire de mieux, préférant dorénavant creuser le sillon de genres qu’il maitrise à merveille que s’aventurer sur des pistes inconnues. Continuer « Eels, The Deconstruction (E Works / PIAS) »

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Unknown Mortal Orchestra, Sex & Food (Jagjaguwar)

Depuis 2011, le néo-zélandais Ruban Nielson, aidé de l’américain Jacob Portrait, poursuit son œuvre avec une agréable constance, éditant en moyenne, tous les deux ans, un long format. Trois ans après le clivant Multi-Love (2015), Unknown Mortal Orchestra publie ainsi son quatrième album, Sex & Food, le troisième pour la maison Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Preoccupations etc.). Continuer « Unknown Mortal Orchestra, Sex & Food (Jagjaguwar) »

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Josh T. Pearson, The Straight Hits! (Mute/PIAS)

Quand une remise en cause existentielle tourne à la guerre civile, cela donne Straight To The Top!, le premier morceau du deuxième album solo de l’ami texan Josh T. Pearson. Comme si Jonathan Richman s’était réveillé un matin, poursuivi par le fantôme menaçant de Nick Cave, celui de Grinderman singeant les barbelés de sa jeunesse bruyante lors d’une fête d’anniversaire.

Alors que Last Of The Country Gentlemen (2011) évoquait avec une profondeur de champ parfaitement dépressive les hautes plaines de solitude desquelles notre bon dude avait du s’extirper suite à un mariage désastreux, The Straight Hits! tient de l’exercice de style, marquant un retour au pays des vivants.

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En Attendant Ana, Lost and Found (Montagne Sacrée, Buddy)

Après un prometteur format court, Songs From The Cave (2016), nous attendions fiévreusement un premier album de la formation parisienne En Attendant Ana. Si l’enregistrement de leur précédente sortie était quelque peu amateur, nous espérions secrètement que les cinq Parisiens auraient à cœur de créer le plus beaux des écrins, pour leur passage au long format. Continuer « En Attendant Ana, Lost and Found (Montagne Sacrée, Buddy) »

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Jonathan Wilson, Rare Birds (Bella Union/Pias)

Avant de poser Rare Birds sur la platine, je me méfiais beaucoup de ce que j’allais entendre. Tout d’abord parce qu’après deux albums splendides, Jonathan Wilson nous avait livré Slide By, un EP poussif (hormis Angel, une impeccable reprise de Fleetwood Mac). Ensuite le teasing de l’album s’est effectué avec des clips très vilains, aux images numériques périmées et d’un psychédélisme écœurant. On nous parla alors de synthés, d’électronique, de changements radicaux dans la production. Pendant des semaines alors, je n’arrive plus à écouter aucun disque folk de Laurel Canyon. Je dors mal. Je ressasse d’improbables rêves où David Crosby chante avec Devo. Parfois dans un cauchemar effroyable, Skrillex remixe Joni Mitchell. Je tente de calmer ces terreurs nocturnes en écoutant Trans de Neil Young. Mais en vain. Poussé par un relent d’audace, bravant les derniers avertissements lancés par cette infâme pochette, je me décide enfin à ouvrir ce Necronomicon bleu électrique.

Non seulement les premiers titres rassurent, mais ils subjuguent. Immédiatement. Avec Trafalgar Square, Over The Midnight et There’s a Light, Wilson érige une cathédrale de guitares folk, rock ou soul mâtinée de country. Une fois le décor planté, la pop retro délicieuse de Rare Birds va basculer imperceptiblement dans une autre dimension. Sur Sunset Blvd, il ralentit le rythme et déploie cordes et vocoder dans un ambiance onirique, voire cinématographique. Les claviers prennent une place centrale sur ce disque, mais pour autant, le musicien n’a pas radicalement modifié son écriture, ni sa production, comme on a pu l’entendre dire. En revanche, il a étendu sa palette, ouvert ses compositions à de nouvelles sonorités : il a mis du Air dans son CSN&Y, du Talk Talk dans son Jack Nitzsche et même du Dire Straits dans son Tom Petty. (Et au passage, il fait ça mieux que The War On Drugs.) A côté de ça, il récite aussi son Sgt Pepper comme personne (Miriam Montague). Continuer « Jonathan Wilson, Rare Birds (Bella Union/Pias) »

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Too Smooth Christ, Angels and Voices (Nocta Numerica)

Too Smooth Christ, ou Christophe Le Gall pour l’état civil français,  publie régulièrement des maxis depuis deux ans – une douzaine à ce jour – sur son label Supergenius et d’autres.  Avec Angels and Voices (2017), édité par la structure Nocta Numerica, il livre enfin un premier album. Continuer « Too Smooth Christ, Angels and Voices (Nocta Numerica) »