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Slumberland Records – For ex-lovers only

Black Tambourine
Black Tambourine

On a parfois l’impression que la petite internationale de la pop qui a fleuri à la fin des années 80 s’est imposée comme une magique évidence à la suite des labels Sarah, Creation et Postcard, et simultanément dans le monde, en Angleterre, Nouvelle-Zélande, Australie, Europe continentale et aux USA. Toutefois, c’est oublier le travail de l’ombre qu’ont fourni une poignée de mini-labels, fanzines et groupes dans une période qui leur a certes été bénie. Bien avant le succès de The Pains Of Being Pure At Heart – qui résonne aujourd’hui comme la plus jolie anomalie du début des années 2010 – Mike Schulman, avec son label et son groupe Black Tambourine, semblent avoir prêché la bonne parole, souvent dans le désert, mais peut se vanter d’avoir l’un des plus beaux catalogues de hits de poche des 3 dernières décennies. A l’occasion des 30 ans du précieux label de Washington relocalisé à Oakland, nous avons discuté avec son fondateur lors d’une interview forcément trop brève, où l’on aurait aimé évoquer The Ropers, Rocketship, Henry’s Dress, Veronica Falls, Tony Molina et tous ces groupes qui à certains moments de nos vies ont su faire chavirer nos cœurs. Continuer « Slumberland Records – For ex-lovers only »

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Fat White Family – Tendres pervers

Fat White Family
Fat White Family

Il existe des moments de télévision pendant lesquels, on aimerait – avec une once de sadisme et beaucoup de naïveté – que tout dérape, comme à la grande époque. Le 17 mai dernier, les trublions de Fat White Family étaient les invités du Quotidien de Yann Barthès sur TMC. Puisque « le groupe le plus trash et bordélique de tout le Royaume-Uni » (sic) est le dernier héritier d’une longue lignée de musiciens situationnistes qui semblent avoir lu Lipstick Traces (Greil Marcus, 1989) et en avoir fait leur livre de chevet, on pouvait rêver d’un bel incident télévisuel. A quoi peut bien ressembler leur tentative d’entrisme dans la société du spectacle ? On s’imaginait déjà chanter Where’s Yann Barthès Now? comme les Television Personalities ironisaient jadis sur le sort du pauvre Bill Grundy. Au lieu de ça, le spectateur a eu droit à une simple interprétation du single Feet, dans une performance conforme à toutes les règles du CSA et dans une mise en scène parfaitement sous contrôle. Continuer « Fat White Family – Tendres pervers »

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Jorge Elbrecht, vendredi soir, à Paris

Jorge Elbrecht
Jorge Elbrecht / Photo : T.S.

Samedi midi au réveil, c’est déjà l’enterrement de la sardine. C’est lundi alors même que dimanche n’est que demain. Les vestiges de la nuit se font sentir dans ma pauvre cervelle encore alcoolisée… A nouveau, c’est le règne par la terreur. A côté de Christophe Basterra, Daenerys Targaryen, c’est le Mahatma Gandhi.
« Salut les jeunes,
Bon Xavier, j’ai une mauvaise nouvelle : tu vas te sortir les doigts du cul et écrire un papier sur ta soirée avec Jorge Elbrecht hier. Et nous dire pourquoi c’est un génie. On s’en fout que ce soit décousu. Tu fonces, tu verras après.
On attend l’article pour ce soir – sinon, je viens te casser la figure (et t’as vu que parfois, je montais à Paris n’importe quand). » Continuer « Jorge Elbrecht, vendredi soir, à Paris »

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Ela Orleans – Movies For Ears (Night School Records)

C’est une histoire un peu embrumée où circulent un écrivain argentin, Dante Alighieri, deux Gustave (Moreau et Doré), Paris, Glasgow, une chanteuse itinérante, pas mal d’eau de vie et une chronique de disque… Avouons-le,  certaines sont de véritables purges à écrire. Parfois, on oublie ce qu’on a raconté une semaine après avoir posé le point final, puis on se relit honteusement (« Ce n’est pas moi, tout de même, qui ai écrit ça ! »). Rarement, quand l’évidence s’impose, c’est tout l’inverse. La première fois que j’ai rencontré une telle évidence, c’était il y a dix ans. Depuis, si ma chronique s’est égarée dans l’amnésie du web, je n’ai jamais cessé de réécouter Lost (2009), le disque confidentiel qu’un précieux petit label nommé La Station Radar avait eu la gentillesse de m’envoyer. Continuer « Ela Orleans – Movies For Ears (Night School Records) »

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FAME 2019 : Where Are You João Gilberto? de Georges Gachot

João Gilberto
Where Are You João Gilberto? de Georges Gachot
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

Pour le commun des mortels amateurs de musique, João Gilberto n’est plus de ce monde… Probablement a-t-il passé la guitare à gauche comme Jobim dans les années 80 ou 90, auréolé de la gloire dont on marbre les héros de musée. Et pour cause, on est presque sans nouvelle du guitariste et poète considéré comme l’inventeur de la bossa nova. Si l’auteur de certaines des plus belles (et fameuses) chansons d’amour de ce répertoire était encore vivant, il serait admiré, invité et triomphant. Forcément, il donnerait encore de par le monde des concerts de prestige, comme Chico Buarque ou Caetano Veloso. Et pourtant, il n’en est rien : en 2019, João Gilberto vit tel un fantôme, reclus depuis 30 ans dans une chambre d’hôtel de Rio d’où il s’évade en de très rares occasions. Même au Brésil, personne ne semble se soucier de lui. Comme il le chantait jadis sur Doralice, « je préfère vivre seul, au son plaintif  de ma guitare. »

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Le Fantôme et Mrs. Keyes

Dessin : Pauline Nunez

A chacun ses obsessions … Il est donc (encore) question d’une sorcière, des limbes, et de ces disques capables de distendre l’âme dans un flottement pour mieux la remodeler. Nora Keyes est une vieille connaissance de ma discothèque, une des plus exotiques et intimes. Seul un véritable mystère peut engendrer ce paradoxal mélange de familiarité et d’étrangeté, des années après. Or, comme une belle histoire commence toujours par une rencontre…

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Escape-ism, The Lost Record (Merge Records)

Escape-ism, Hi. I’m The Lost Record« Hi. I’m the lost record… »
Je suis vilain, crasseux, revêche et agressif. Je suis le fidèle témoin d’une vieille tradition de disques auréolés de sperme, de sueur et sang. Ceux qui prétendent me résumer au fruit de l’imagination de Ian Svenonius ne comprendront rien à ce qui m’anime. Il ne faudrait pas que mon génial inventeur joue les imposteurs et me fasse de l’ombre… Je sais feuler, mais je sais aussi griffer et mordre.  Continuer « Escape-ism, The Lost Record (Merge Records) »

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Hommage : Trish Keenan / Broadcast

La regrettée Trish Keenan aurait eu 50 ans aujourd’hui. Comme chaque année, son compagnon James Cargill dévoile un titre inédit de Broadcast. Aujourd’hui, c’est la renversante « Petal Alphabet » qui nous rappelle au souvenir de notre idole. Continuer « Hommage : Trish Keenan / Broadcast »